-Merde ! Déjà 7h40 !
Lever rapide, je prends juste le temps de mettre un caleçon. Dehors, il fait gris, un petit ciel tristounet comme je les aime, avec un fin voile nuageux qui ne laisse pas passer les rayons du soleil. Bon, il pleut pas encore, tant mieux. Au moins cette fois j'arriverais pas au cours trempé comme une éponge après une grande vaisselle.
Je mange pas, je prendrai plutôt un pain au choc' à la cafetaria. Un coup d'oeil vite fait sur la montre la plus proche m'indique qu'il est 7h50. Allez, hop, on se dépêche. N'empêche que si ce connard de réveil avait bien fait son boulot, je n'aurais pas à speeder comme un dingue.
Dans l'appartement, y'a personne. Le calme plat. Grâce à ça je destresse un peu, et je prends le temps d'emballer correctement mon portable et une poignée d'affaires dans mon "sac-chiant-dont-la-lanière-tire-les-cheveux". Un biscuit pour la route, quand même ? Allez, je l'avale presque en un coup avant de descendre en trombe les marches du couloir une à une. Une fois dehors, je remarque que j'ai quand même suffisament de temps pour pouvoir marcher jusqu'à l'arrêt du bus. Toujours cette atmosphère tranquille, à croire que le monde s'est figé l'espace d'un instant. Ou bien tous attendent la pluie, peut-être ?
Transition: Arrêt, Bus, On Y Va. Bien que le trajet n'est pas long, quelqu'un arrive quand même à m'emmerder. Bravo à lui !
Un spécimen plutôt étrange: vêtu d'habits évocant les sacs à patates, et une démarche qui doit être liée à celle d'un camionneur bourré. Vous rajoutez au portrait une forte odeur de fumette, et le tour est joué. Voyant qu'il me gardait à vue du coin de l'oeil, je pousse un peu la musique de mon lecteur Mp3. Malheureusement, Simon & Garfunkel ne tiendront pas longtemps cet individu à l'écart. Avec une indigestion de ton, il me demande si j'ai pas "d'quoi m'fumer un tar-pé" (un briquet, en language crétin). Poliement (c'est à dire, sans lui foutre une tarte dans la tronche et le porter direct jusqu'à un centre de désintox...), je lui dit que non. Il me regarde alors avec des yeux de merlan frit. Incompréhension. Yeux vidés de toute lueur d'intelligence. Pauvre type...ça lui à fait un sacré choc !
Je sort vite fait de ce bus maudit, et me dirige d'un pas précipité vers l'école où encore une journée de cours m'attends.
Re-transition: escaliers (qui n'en finissent pas..), porte, chaise....je peux enfin me poser deux secondes....